Plateforme partenariale en faveur du commerce en île-de-France

Plateforme partenariale en faveur du commerce en île-de-France
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Revitaliser le commerce francilien

Élaborée à l’initiative de la CCI Paris Île-de- France, la plateforme partenariale en faveur du commerce francilien propose douze axes d’actions prioritaires pour dynamiser le commerce de centre-ville.

Lancée en juin dernier par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de- France, la plateforme partenariale en faveur du commerce en Île-de-France constitue, par son ampleur, une initiative sans précédent. Objectif : rassembler les savoir-faire et les moyens afin de permettre au commerce traditionnel d’améliorer sa performance et ainsi de faire face aux enjeux de l’évolution rapide des modes de consommation liés au digital et des attentes des consommateurs.

Pas moins de vingt signataires se sont engagés aux côtés de la CCI francilienne dans cette démarche inédite. Il est vrai qu’il y a urgence à agir. Avec 144 000 établissements et 590 000 emplois salariés, le commerce a une dimension majeure dans l’économie francilienne. Mais il est fragilisé par des évolutions considérables comme la montée en flèche du e-commerce ou l’émergence de consommateurs à la recherche de nouvelles expériences. L’ambition de la plateforme est de permettre au secteur de s’organiser autour d’objectifs mesurables afin de s’adapter aux transformations numériques et sociétales, mais aussi d’améliorer le service rendu aux nombreux touristes étrangers.

« Je partage le constat. Les objectifs de cette plateforme dont l’élaboration prend place dans un contexte où la problématique des centre-villes a pris une ampleur nationale », relève Patrick Rakotoson, vice-président Commerce de la CCI Essonne.

La feuille de route collective se décline en quatre grands défis. Comment améliorer la relation commerçant-client par de nouvelles pratiques? Comment optimiser les mobilités et les livraisons pour un commerce attractif? Comment gagner en efficacité et en équité pour le commerce par des évolutions juridiques? Comment assurer la sécurité des lieux de commerce?

Pour y répondre, la plateforme propose douze axes d’actions. Six concernent le seul premier défi.

Gérer l’attractivité

Les auteurs de la plateforme relèvent d’abord la nécessité de renforcer l’attractivité des centres-ville et avancent au moins deux pistes. Le développement d’un véritable management du commerce de centre-ville, à travers un large partenariat public-privé et la mutualisation des moyens pour créer des services communs. Pour générer de l’animation urbaine et, en même temps, se rapprocher de la clientèle, la plateforme en appelle à une politique concertée pour développer le commerce non-sédentaire. Si toutes les collectivités territoriales sont alertées par cette question, peu sont autant en avance que la ville d’Arpajon qui a été la première en Essonne à créer, il y a quelques mois, une Maison du commerce. Ce lieu animé par un manager de centre-ville constitue, parallèlement, une interface avec la mairie.

La digitalisation sera au coeur de l’action. La plateforme affiche la volonté de mieux former les commerçants à l’utilisation des solutions digitales pour leur permettre de proposer de nouveaux services comme le \click&connect\. « Les commerçants qui adhèrent à notre solution sont surtout motivés par la volonté de ne plus perdre de clients. On sait qu’aujourd’hui 30 % des clients disent renoncer à acheter s’il y a trop d’attente », affirme Steeve Broutin, le patron de Rapidle, une société qui propose un service coupe-file en boutique pour une centaine d’euros par mois. Autre possibilité offerte par le numérique : la diversification des modes de distribution. Des canaux innovants sont aujourd’hui ouverts et faciles d’utilisation à l’exemple de l’application Good to qui organise la vente en ligne de produits du jour invendus ou de denrées à date courte. « Notre service repose sur la mise en vente en ligne de paniers surprise d’un prix de base allant de 10 à 12euros et qui sont proposés à moins 70 % sur notre application. Il permet de lutter contre le gaspillage alimentaire tout en retissant le lien social », explique Rose Boursier-Wyler, porte-parole de l’entreprise. Good to revendique la vente de 13 000 paniers surprise par jour.

La plateforme veut aussi promouvoir des places locales de marché. À défaut, des commerçants ont choisi de vendre sur des places reconnues à l’instar du magasin JM Music qui cumule deux points de vente physiques à Sainte-Geneviève-des-Bois et une présence sur plusieurs places de marché. Face à la perte d’intérêt des consommateurs pour les soldes saisonniers, la plateforme propose de stimuler l’achat par la création d’événements commerciaux locaux à l’image de ce qu’est aujourd’hui le « black Friday ». Elle entend aussi sensibiliser les commerçants à l’idée de proposer de nouveaux concepts pour renouveler l’expérience client. Ainsi la ville d’Yerres fait-elle vivre des commerces éphémères.

« Nous avons participé à cette initiative pour tester la vente dans une boutique en centre-ville. J’ai été surprise par l’engouement du public, et, aussi, par la dynamique que cela créé en faveur des commerces environnants », explique Marie-Odile Lefort, de la société « les macarons gourmands » à Yerres. Enfin, alors que 90 000 entreprises franciliennes et près de 500 000 salariés ont une activité directement liée au tourisme, la plateforme propose d’innover dans l’offre commerciale en gérant un « city pass ».

 

Patrick Désavie

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